Lémonia Palmantouras

Auteure et écrivaine

La vie est faite de fictions…

 

Nancy Huston a écrit un essai philosophique dans lequel elle développe cet état de fait.  Elle l’a titré « L’espère fabulatrice » et y explique que l’homme se différencie de l’animal de par sa capacité à se raconter des histoires et à trouver du Sens …  et même si je ne rejoins pas sa réflexion en tous points, ce livre a fait écho en moi… Ne serait-ce que parce que ma qualité de « raconteuse d’histoires » est indissociable de mon humanité…

 

 

Pourquoi j’écris ? Il y a autant de réponses à cette question que d’années à ma vie…

 

Je pense avoir d’abord écrit pour fixer les histoires qui se bousculaient dans mon imaginaire d’enfant, puis pour reprendre ces mêmes-histoires, les peaufiner, les cibler, afin de séduire les adultes, de les amuser et d’obtenir ainsi leur amour…

 

A l’adolescence, écrire un journal intime m’a aidée à scénariser mon quotidien et quand le journal – très vite abandonné – céda la place à des nouvelles, des poésies, des réflexions…  écrire est soudain devenu le moyen de tenir un carnet de bord de ces années tumultueuses et de repeindre ma vie banale en couleurs imaginaires…

 

Fonder une famille, écrire pour la scène, aimer la scène, grimper sur scène : la plus grosse partie de ma longue carrière invisible. Pourquoi choisir d’écrire du théâtre ? Honnêtement, parce que je manquais de temps. L’introspection, le nombrilisme ?  Impossible avec de jeunes enfants !  Il fallait innover, et faire face à la fatigue. L’occasion fit le larron, une commande de pièce pour la jeunesse plus tard, je me rendais compte que le théâtre avec quelque chose de…  Facile ! Les dialogues fusaient, inspirés de ceux – réels ou imaginaires – que je tenais avec mon entourage ; l’autodérision soutenait mes faux pas et me permettait de sublimer mes erreurs en les transformant en sketchs…  Cela dura des années… jusqu’aux insidieux « âges sombres ».

 

Soudain, finie la créativité gratuite ; il s’agissait désormais d’écrire pour mettre en avant X ou Y, d’écrire un article qui corresponde à mes attentes dans le cadre d’un cours, de pondre lors d’une nuit blanche un mini roman-feuilleton pour tenir une classe difficile en haleine… Ecrire efficace ! ça se mit à tout envahir, la scène, la vie, les idées…  au point d’étouffer…

 

Mais j’ai continué. Ecrire c’est respirer, et comment vivre sans respirer ? Christian Spits me donna ma chance en comprenant que pour m’envoler il fallait clôturer…  il complimenta, valida, suggéra…  Publia. Ecrire pour être reconnue, pour être… aimée ? Mais oui, aussi ! Il mit en place des rencontres, des collaborations…

 

Puis ce fut Patrick Deschesne (http://leseditionsdelinstant.over-blog.com/) qui me permit d’explorer le plaisir de traduire (en collaboration avec Raphaël Demoulin) « La malédiction de Chimère », de Tony Pi (http://le-defi.fr/produit/gentlemen-mecaniques). Ce fut… magique ! Découvrir le texte, le savourer, l’imaginer ! puis l’emporter dans ma langue, peaufiner, œuvrer…  et partager !!!!

 

Parce que, aujourd’hui et maintenant, c’est de ça qu’il s’agit : d’écrire pour voyager et faire voyager, pour rêver et faire rêver, pour raconter des histoires (les siennes ou celles des autres, après eux ou avec eux) avant de les offrir ; pour dire aux idées qu’elles sont réelles, qu’elles sont aimées, qu’elles sont autant de mondes oubliés, autant de ramifications, de possibilités…

 

Pierre Pelot, dans Le sommeil du chien, fait dire à Natha Ray : « Toutes les histoires sont vraies, à plus forte raison celles qu’on se donne la peine d’inventer ». C’est ce que vous, lecteurs, ressentez, sans vraiment le nommer, l’identifier, quand les mots s’effacent et cèdent la place à autant de Réalités. Je lis… j’écris… je suis… vous aussi…  venez…

 

Bibliographie

Ames… captives ? L’imagitateur – édition

Participation au recueil sous le pseudonyme de Maebh

Titres : Le Druide, Samhain, Imbolc, Beltaine, Lugnasad, Ames… Captives (post face).

 

Variations Lykomorphes L’imagitateur – édition

Dans le langage secret de l’âme, « Loup » est une clef majeure, une révélation d’analogies lourdes de sens. Alors que la louve romaine élève deux hommes, ce sont deux femmes qui révèlent ici quelques facettes de ces correspondances. Les dessins de Chantal De Wilde et les textes de Lémonia Palmantouras se parlent et se répondent. Leur dialogue tisse une cartographie mystique. Tout au long de cet itinéraire de cartes aux trésors spirituels, elles explorent des mystères essentiels : la liberté au sein de l’esprit de groupe, l’animalité de l’amour humain, la monstruosité de l’héroïsme, l’indépendance de l’imaginaire, la vigueur de l’après-vie, la lucidité de la folie et les dialogues de sourds. A l’issue de ce parcours subsiste pourtant une question : si l’homme est un loup pour l’homme, le loup est-il un homme ?

 

Gentlemen mécaniques, les éditions de l’instant

Compendium de récits steampunk

En collaboration avec Raphaël Demoulin, sous le pseudonyme commun « Raelle Touras », traduction de la nouvelle « La malédiction de Chimère » de Tony Pi.

 

Laissez-nous nos rêves, L’imagitateur – édition

Pièce de théâtre jeunesse

A quoi peuvent bien rêver les enfants ? Au grand Saint Nicolas ? Aux chevaliers ? Aux fées et aux lutins ? Sans doute, mais rêvent-ils vraiment ? Imaginez une famille recomposée au sein de laquelle des enfants communient dans cette croyance : Saint Nicolas existe vraiment ! Quoi de plus naturel pour eux de lui demander de spécialement exaucer un vœu parmi d’autres : leur amener un petit frère. Le grand saint va-t-il se montrer généreux ?

C’est ce que Lémonia Palmantouras propose avec cette pièce de théâtre. Avec beaucoup d’humour, elle confronte le public à la perception que peuvent avoir les uns et les autres de certaines « croyances » liées à notre société en parfois trop rapide évolution.

Bien qu’initialement destinée aux jeunes, cette pièce s’adresse aussi et surtout à tous ceux qui ont grandi tout en conservant leur âme d’enfant.

 

Théâtre :

« Laissez-nous nos rêves »,

« Maman ! », seule en scène, mai 2011

« Laisse la porte ouverte », stand up – Festival underground Les Barbantes 2011